Forts des constats qui emplissent la toile et les médias depuis plusieurs mois, nous ne pouvons que saluer l’ensemble des industries mettant en place une politique tournée vers l’effort commun tout en maintenant un haut niveau de protection quant à la santé des salariés impliqués dans ce même effort. Nous saluons également celles qui, par volonté de protection de leurs forces vives, préfèrent le télétravail à l’exposition des collaborateurs au virus lorsque cela leur est possible.

À l’inverse, les masques tombent pour d’autres structures à une période où le port du masque est pourtant plus que vivement recommandé ! Les mises en demeure récentes de l’Inspection du Travail en sont la preuve. A l’heure où l’État a pu abaisser les contraintes pour les installations classées pour la protection de l’environnement sur les rubriques dédiées à la production et au stockage d’alcool (nécessaires pour le gel tant convoité au début de crise), il est à l’inverse normal, et vital, d’être intransigeant sur la santé et la sécurité des travailleurs.

Face à ces constats, la question de la responsabilité des entreprises, par extension de son(ses) dirigeant(s), doit être soulevée et aller au-delà d’un rapport extra-financier publié annuellement à grand frais.

La responsabilité sociétale nous n’en vendons pas. Nous aimons cependant en transmettre ses principes selon notre vision. Nous en connaissons les codes et nous nous en appliquons les principes mais nous aimons à rappeler que cette dernière doit être vue comme une action de fond, de bon sens, sans attente de remerciements, et non comme un affichage ou un pansement permettant de masquer des conditions de travail en désaccord avec le cadre légal ou des atteintes environnementales non considérées. Elle peut, certes, servir des intérêts d’image mais cela ne doit pas être son but premier car ce dernier, nous l’avons vu, est d’abord d’aller vers un développement durable.

À son échelle, toute structure, sur la base de l’investissement de son dirigeant, peut entamer une démarche RSE en se focalisant sur une ou sur plusieurs des thématiques du développement durable : les aspects sociaux, économiques ou environnementaux. Notre cadre légal fixe un certain nombre de règles, allant déjà dans le sens de ces thématiques, et l’un des piliers de la RSE consiste, dans un premier temps, à respecter ce cadre légal… Sur cette base saine, l’entreprise peut ensuite aller au-delà de ce cadre réglementaire, passant petit à petit d’une vision « économico/légalo » centrée à une vision « parties prenantes » centrée. En partant d’une identification de ses parties prenantes internes et externes, elle sera en mesure d’évaluer quel est son niveau de responsabilité vis-à-vis de chacune et d’œuvrer pour s’ancrer dans son territoire géographique mais également dans le paysage de ses partenaires (internes, externes, publics, privés) avec qui elle nouera une relation privilégiée basée sur la confiance et l’honnêteté.

Une dimension supplémentaire est ajoutée à cela dès lors qu’une entreprise a des relations à l’international. Les considérations sociales et environnementales sont alors d’autant plus fortes (niveaux de salaires, travail des enfants, prise en compte de l’environnement en allant au-delà de réglementations, parfois inexistantes).

Pourquoi s’en appliquer les principes alors que certains « grands » ne le font même pas nous direz-vous ? Peut-être juste pour laisser une trace positive de soi, de sa structure, seule chose restante après notre départ, que cela soit pour nos proches ou pour les gens que nous aurons côtoyés : les parties prenantes de nos vies en sommes ! Nous sommes peu de choses et le contexte actuel nous rappelle à quel point notre passage ici est éphémère. Peut-être également pour être conscient de laisser un héritage sain à ses enfants et pouvoir se regarder dans une glace sans état d’âme.

Quels retours nous direz-vous ? La satisfaction d’être droit dans son environnement et dans ses actes…, l’intérêt des personnes pour leur travail et le fait de ne pas les rendre cassées ou malades à leur famille le soir…, le sentiment de faire partie d’un tout, où les résultats ne sont pas que comptables…, l’assurance de la pérennité par le biais d’une projection à beaucoup plus long terme…

Combien ça coûte nous direz-vous ? Beaucoup d’actions sont de l’ordre du bon sens, d’autres ont des coûts variables mais il est tout à fait envisageable de faire de la RSE avec peu de moyens. L’analyse de vos parties prenantes vous permettra justement d’y voir plus clair et d’identifier de potentiels partenariats « gagnants-gagnants » pour lesquels vous n’aurez pas un centime à débourser.

Du haut de notre petit rôle et de nos trois ans d’existence, ces principes, nous aimons à nous les appliquer au quotidien en accompagnant nos parties prenantes via notre expertise. Nous n’avons pas de machine à coudre, pas de stock d’alcool mais deux cerveaux, nos petits bras, pas d’immenses moyens mais nous les mettons à disposition de dirigeants, de fonctionnaires, d’étudiants en réfléchissant à la manière de nous intégrer au mieux dans le paysage local de notre Région pour être un appui solide, plus qu’un pansement à usage unique.

Ceci est un bref aperçu de ce que doit être la RSE à notre sens. Ces lignes, nous le savons, sont emplies d’un discours un peu théorique et potentiellement à mille lieux de vos préoccupations actuelles. Mais prendre le temps d’y penser, c’est prendre le temps de repenser nos activités de demain.

Pour en revenir aux masques tombés, nous espérons qu’ils sauront éviter le virus mais que le rappel à l’ordre mènera à une responsabilisation des strates dirigeantes, aux plans sociaux, environnementaux et économique.

Simon ROBLIN et Fabien HERMOUET
Dirigeants de la société DuoRisk
Coordonnateurs pédagogiques de la section RMDQSE – IEQT Campus de Poitiers

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